Photo de Dmitry Avdeev

Référendum sur Aéroports de Paris : à l’approche du million de signatures, il est temps de se réveiller !

Depuis 5 mois, tous les français peuvent apporter leurs soutiens au référendum d’initiative partagée portant sur la privatisation des aéroports de Paris (Roissy, Orly, Le Bourget). Cette consultation majeure, organisée pour la première fois depuis sa création en 2008, se voit traité avec dédain par les médias et le gouvernement.

Qu’est-ce que le référendum d’initiative partagée ?

Avant 2008, seul le président de la république pouvait organiser un référendum. Le dernier référendum organisé en France portait sur la constitution européenne en 2005. Cela fait donc plus de 14 ans que nous n’avons plus été consulté.

Depuis 2008, les parlementaires (députés et/ou sénateurs) peuvent lancer une procédure de référendum d’initiative partagée si 185 d’entre eux se mettent d’accord. C’est ce qui s’est passé en mai dernier, lorsque 248 parlementaires de gauche et de droite ont soutenu ce projet de référendum.

Le conseil constitutionnel a validé le projet, ce qui déclencha le délai de 1 mois pour que le ministère de l’intérieur commence à recueillir les soutiens des citoyens comme le montre le schéma ci-dessous.

Le mépris politique et médiatique

En juin 2019 ouvre donc le site web de recueil des signatures. Ce site, accessible ici, existait déjà depuis la loi de 2008 sans avoir jamais été utilisé. Il faut rappeler qu’en juin dernier, le grand débat national venait de se terminer après une grande promotion médiatique et des moyens importants mis à disposition.

Les procédures de recueils des doléances du grand débat et le recueil des signatures pour le référendum sont similaires. Il y a deux canaux principaux : un site internet, et la présence de points de recueil dans les mairies.

Le mépris est visible par le soin apporté au recueil électronique. Le site du grand débat correspond aux standards actuels et est relativement simple à utiliser, tout le contraire du site du référendum qui est repoussant, compliqué et dès le début bugué.

Le site du grand débat
Le site du référendum d’initiative partagée

Les médias ne sont pas en reste. Alors que le grand débat a bénéficié d’un relai important aussi bien au travers de la communication gouvernementale que des émissions de télévision et radio (ce qui est normal), le référendum, lui, bénéficie étrangement d’un traitement bien moins favorable.

Comme expliqué dans cet article de arrêt sur image, dans les 30 jours suivants leurs annonces, le grand débat a bénéficié de plus 13 000 articles (presse et JT de 20h de France 2), alors que le référendum n’a obtenu que le nombre incroyable de… 500 articles, soit 26 fois moins !

Un outil de fichage ?

En France, la constitution garantie l’anonymat du vote. En revanche, aucune protection particulière n’est prévu pour les signataires de ce référendum si ce n’est la destruction des fichiers après la clôture du recueil. Votre nom sera donc public !

Le site demande tout de même de connaître certaines informations comme la date de naissance ou la commune de vote, mais ces informations ne sont pas si difficile que ça à trouver. Plus pratique, vous pouvez aussi utiliser un outil de recherche automatique comme ici. Le prénom et nom suffisent, un robot s’occupant d’extraire les données du site régulièrement.

Certains rétorqueront que les signataires n’expriment pas un avis pour ou contre la privatisation, cependant être pour l’organisation d’un référendum est déjà un positionnement politique.

La question que l’on pourrait donc poser étant, un recueil transparent nécessite-t-il forcément de rendre public l’ensemble des noms ?

Mais en fait, tout le monde se fiche de ce référendum, non ?

Selon ce sondage Yougov, 75% des Français souhaitent pouvoir s’exprimer par référendum sur cette question et selon cet autre sondage, 48% sont opposés à la privatisation contre 20% qui seraient pour, est-ce là la raison du manque criant de médiatisation ?

Malgré ce mépris et ce manque d’information, le conseil constitutionnel à comptabilisé déjà 969 000 signatures au 20 novembre dernier, soit presque 1 million en 6 mois.

Pourquoi ce sujet est important ?

C’est important pour au moins 3 raisons : écologique, économique et plus globalement pour une raison dit de souveraineté.

Écologique, car un aéroport génère de la pollution par son trafic aérien. Garder le contrôle sur un aéroport c’est pouvoir réguler le trafic que ce soit en nombre de vols par année, ou en terme d’horaires autorisés. C’est aussi une question d’aménagement du territoire et d’occupation des sols.

Économique, l’aéroport génère de l’argent pour l’état tant qu’il reste actionnaire. En 2018 cela représentait 185 millions d’euro. Cependant, la Cour des comptes tire un bilan plutôt positif sur cet aspect après analyse de la privatisation des aéroports de Lyon, Nice et Toulouse.

Souveraineté, la souveraineté représente globalement le pouvoir de décider, la capacité de garder la maîtrise de quelque chose. Sur cet aspect là, une privatisation n’est pas forcément un renoncement, tout dépend de l’accord signé entre l’État et les nouveaux actionnaires privés. Ce sujet est au final transverse et orientera les conséquences écologiques et économiques de la privatisation.

Conclusion ; pour ou contre la privatisation des aéroports, signez !

Les occasions de donner son avis sont trop rares pour être ignorées, alors n’attendez plus, munissez vous de votre carte d’identité ou passeport et demander l’organisation d’un référendum !

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